Présidentielle 2027 : nous sommes candidats pour enrichir le débat
Par Amir Reza-Tofighi, président des Entrepreneurs
Le 25 juin dernier, au Parc des Princes, devant plusieurs milliers de participants réunis pour la Grande Assemblée des Entrepreneurs, une formule a résumé notre ambition : « Les Entrepreneurs sont candidats à l’élection présidentielle. » Ni provocation, ni prétention à exercer le pouvoir, ni volonté de soutenir un candidat. Cette déclaration traduisait une conviction profonde : celles et ceux qui entreprennent doivent prendre toute leur part à la définition de l’avenir économique et social de notre pays.
Replacer la création de richesse au cœur du débat

À l’approche de 2027, la France semble parfois ne débattre que de ses contraintes. Les déficits persistent, notre modèle social peine à trouver son équilibre, les tensions internationales bouleversent les échanges et les transitions écologique et numérique réclament des investissements considérables. Face à ces défis, le débat public se concentre sur les prélèvements supplémentaires, les économies à réaliser et les efforts à répartir. Ces arbitrages sont nécessaires, mais ils risquent de nous enfermer dans une impasse s’ils laissent dans l’ombre une question essentielle : comment retrouver les moyens de créer davantage de richesse et de mieux la partager ?
Car aucun redressement durable des finances publiques ne saurait reposer sur l’affaiblissement de notre appareil productif. Il serait illusoire de prétendre préserver notre modèle social tout en renchérissant continuellement le travail, en décourageant l’investissement ou en entravant l’activité de ceux qui innovent et créent des emplois. À trop considérer les entreprises comme une variable d’ajustement budgétaire, on finit par fragiliser ce qui permet précisément de financer en grande partie nos ambitions collectives.
L’économie ne peut être reléguée au rang de rubrique secondaire d’un programme présidentiel. Elle en constitue l’une des principales conditions de crédibilité. La prospérité ne se décrète pas ; elle se construit dans les ateliers et les bureaux, sur les chantiers, dans les commerces, les exploitations agricoles et les entreprises de services. Partout où des femmes et des hommes engagent leur énergie, leurs moyens et parfois leur patrimoine pour développer une activité.
Les entrepreneurs connaissent les obstacles qui freinent cet élan. Ils en mesurent quotidiennement les conséquences sur leurs décisions d’embauche, leurs investissements et leurs perspectives de développement. Mais ils possèdent aussi une qualité dont le débat public aurait tort de se priver : l’intelligence pratique qui consiste à chercher des solutions plutôt qu’à s’accommoder des difficultés.
Faire émerger des solutions venues du terrain
C’est cette expérience du terrain que nous entendons mettre au service du pays avec la Grande Consultation des Entrepreneurs, ouverte du 15 octobre 2026 au 15 janvier 2027. Plus de cent réunions publiques se tiendront partout en France. Une plateforme numérique permettra à chacun de contribuer. Les fédérations professionnelles apporteront l’expertise de leurs métiers, tandis que le Laboratoire des idées des Entrepreneurs fera dialoguer l’expérience économique et sociale avec les réflexions de chercheurs, d’experts et de personnalités d’horizons différents.
Notre démarche ira bien au-delà des seuls adhérents de notre Confédération. Elle s’adresse à tous les entrepreneurs, à leurs salariés et aux citoyens désireux de prendre part à cette réflexion collective. Car la valeur du travail, le financement de notre protection sociale, la souveraineté économique ou l’avenir de nos territoires ne relèvent pas des seules préoccupations patronales. Ce sont des enjeux qui engagent l’ensemble de la société.
Nous n’entendons pas dresser un inventaire supplémentaire de ce qui ne fonctionne pas. Les constats sont largement connus. Notre ambition est de construire un cahier de solutions : des propositions précises, réalistes, nourries des expériences locales et confrontées aux enjeux nationaux et européens. Nous avons défini les grandes questions, non les réponses. Les contributions seront examinées, rapprochées, expertisées et, chaque fois que possible, chiffrées.
Des propositions pour interpeller les candidats
De cette réflexion collective devront émerger des propositions suffisamment solides pour être soumises aux candidats à l’élection présidentielle. À eux, ensuite, de se prononcer sur le fond, d’indiquer ce qu’ils sont prêts à mettre en œuvre, ce qu’ils contestent et les alternatives qu’ils proposent. Les Entrepreneurs souhaitent surtout que les enjeux de production, de travail et d’investissement ne soient pas relégués derrière les promesses de circonstance.
Cette consultation prolonge la Grande Assemblée de juin 2026 et le choix de notre nouvelle identité. En devenant Les Entrepreneurs, nous voulons élargir notre voix et assumer une responsabilité accrue dans le débat national. Ce changement de nom n’a de sens que s’il s’accompagne d’une nouvelle manière d’agir : aller à la rencontre des territoires, accueillir la diversité des expériences et transformer cette richesse collective en propositions et, surtout, en solutions.
La France possède les ressources humaines, économiques et intellectuelles pour renouer avec la croissance, le progrès social et la confiance. Encore faut-il cesser d’opposer ceux qui créent de la richesse à ceux qui aspirent, légitimement, à en partager les fruits. Ces deux ambitions sont indissociables.
Les entrepreneurs ne prétendent pas écrire seuls l’avenir du pays. Ils demandent qu’il s’écrive avec eux.
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