Pourquoi la France des Entrepreneurs commence à Aurillac ?
Par Marie-Amandine Siquier, présidente des Entrepreneurs du Cantal et membre du Comité exécutif national des Entrepreneurs
Le 20 octobre prochain, Aurillac accueillera la première réunion territoriale de la Grande Consultation des Entrepreneurs, destinée à faire émerger des propositions pour l’élection présidentielle de 2027.

J’y vois un heureux symbole : pour réfléchir à l’avenir économique de notre pays, pourquoi ne pas commencer par un territoire que l’on regarde parfois de loin, alors qu’il a tant à apporter au débat national ?
La France qui entreprend ne se résume ni à ses grandes villes ni à ses entreprises les plus visibles. Elle vit aussi dans les bourgs, les campagnes et les villes moyennes, où des femmes et des hommes investissent, innovent, créent des emplois et prennent des risques.
Le Cantal en est une belle illustration. Derrière ses paysages réputés se déploie une économie diversifiée : agriculture, agroalimentaire, artisanat, tourisme, industrie, mais aussi des activités de pointe dans la santé et la microbiologie. Cette vitalité n’efface pas les difficultés : recruter et fidéliser des salariés lorsque le logement ou la mobilité compliquent leur installation, assurer la transmission des entreprises, poursuivre les investissements malgré les contraintes de l’éloignement.
Ces défis dépassent largement notre département. Ils se rencontrent ailleurs, sous des formes différentes. Mais une politique conçue pour une grande métropole ne produit pas nécessairement les mêmes effets dans une commune rurale. La parole des territoires doit contribuer aux choix économiques nationaux, et non intervenir une fois les décisions prises.
Présidente des Entrepreneurs du Cantal et membre du Comité exécutif national, je suis convaincue que cette diversité constitue une force, à condition de lui donner toute sa place dans le débat public.
C’est l’ambition de la Grande Consultation. Pendant trois mois, plus de cent réunions publiques se tiendront partout en France. Après Aurillac, Toulouse, Bourges, Fort-de-France et Pointe-à-Pitre accueilleront les premières étapes d’un dialogue qui se déploiera dans l’ensemble du pays.
Il ne s’agit pas de dresser un catalogue supplémentaire de difficultés ou de revendications, mais de faire émerger des solutions concrètes, réalistes, susceptibles d’être approfondies et soumises aux candidats à la présidentielle. Pour cela, nous avons besoin des entrepreneurs, adhérents ou non, de leurs salariés et de tous les citoyens désireux de contribuer.
Le mardi 20 octobre, à 18 h 30, au lycée Saint-Géraud d’Aurillac, j’espère que nous serons nombreux à partager nos expériences et, surtout, à proposer des solutions.
Les territoires n’ont pas vocation à attendre que les réponses viennent d’ailleurs. Ils ont aussi des idées pour la France.
Et si certaines des solutions de demain naissaient ici, dans le Cantal ?